Le taxi social, un autre mode de transport à envisager

Dans ses vieux jours, le Belge a souvent plus difficile à se déplacer. Dès lors, toujours plus de nouveaux modes de transport – comme le taxi social – voient le jour, étant donné que les transports en commun ne répondent pas toujours aux besoins et souhaits des aînés.

Une autonomie réduite chez les personnes âgées

Lorsque les personnes âgées perdent en mobilité, il leur est plus difficile de prendre part aux activités quotidiennes. Certains perdent même intégralement la possibilité de se déplacer. Ces personnes voient le risque d’isolement social et de fragilisation psychologique augmenter sensiblement. Les chiffres de l’Instituut voor Mobiliteit (IMOB) sur le comportement des Belges en matière de déplacements ne mentent pas. Les plus de 65 ans se déplacent en moyenne 1,8 fois par jour. Ainsi, un sexagénaire parcourt en moyenne 29 km par jour ; un septuagénaire, 10 km et un octogénaire, 8 km.

La voiture reste le principal moyen de transport des personnes âgées. Elles sont d’avis que cette solution reste la plus confortable et sûre. Une personne âgée sur cinq indique être en mesure de marcher 100 mètres, mais pas plus de 1 km. Malgré les avantages dont bénéficient les personnes retraitées lors de l’utilisation des transports en commun, la situation reste inchangée. Ainsi, 70 % des participants à l’enquête indiquent prendre rarement – voire jamais – le bus et ne jamais prendre le train.

Précarité en matière de transport

Il est important que les personnes âgées aient la possibilité de se déplacer, mais il convient également de les convaincre que la voiture n’est pas la seule possibilité qui s’offre à eux. Ces autres possibilités doivent être suffisamment accessibles. Elles incluent non seulement les transports en commun classiques, mais également d’autres formes de transport collectif personnalisé, comme les taxis sociaux ou les bus de proximité. « Les informations doivent être claires et synoptiques », explique Mobiel 21, un centre indépendant pour la mobilité durable.

« Les personnes âgées qui n’ont jamais goûté aux possibilités de transport alternatives courent un risque plus grand de perdre leur autonomie en matière de mobilité, voire de se trouver dans une situation précaire en matière de transport le jour où elles perdent la possibilité d’utiliser la voiture. L’un des principaux groupes à risque est composé des personnes âgées vivant à la campagne et les veuves sans permis de conduire. »

Une personne souffrant de précarité en matière de transport est quelqu’un qui, en raison de l’absence de possibilités de transport, a difficilement accès aux installations et possibilités d’emploi nécessaires. Cette notion ne se limite donc pas à la possession d’une voiture. Elle est également liée aux transports en commun. L’IMOB voit apparaître différents problèmes en matière d’utilisation des transports en commun chez les personnes âgées : des écueils physiques ou en matière de communication, des problèmes d’accessibilité, le besoin d’un accompagnement personnel et la nécessité de réserver à l’avance, comme c’est le cas du bus de proximité.

Il y a très peu d’initiatives en provenance du secteur de la mobilité lui-même (TEC, STIB, De Lijn, SNCB, etc.). Il y en a par contre qui émanent de la vie associative, du secteur des soins formels et des communes/CPAS. Tous ont conscience des lacunes et tentent de les combler, mais c’est souvent via des initiatives peu coordonnées et innovantes.

Taxi social

Parmi les services les plus novateurs, on voit se développer des services où apparaissent des modèles d’organisation ou de fonctionnement alternatifs : ramener les services près des gens en faisant appel à des personnes avec un handicap ou à des services moins coûteux en utilisant les initiatives de réinsertion. Ce concept a été présenté dans un récent rapport de la Fondation Roi Baudouin sur les forces et les tendances visant à renforcer l’autonomie individuelle et collective des personnes âgées fragilisées vivant chez elles.

Dans les systèmes de taxis sociaux, les besoins des groupes cibles fragilisés sont au centre des préoccupations. Ces systèmes ont pour objectif de maximiser les possibilités qu’ont ces personnes de se déplacer. Souvent, différents tarifs sont pratiqués afin de garantir l’accessibilité du système. Le conducteur ne se limite pas à conduire le véhicule. Il sert également de relais social destiné à mettre en évidence d’autres besoins sociaux.

En pratique : « La Locomobile »

La Locomobile est un « taxi social » en Province de Luxembourg qui mise sur la (ré)-insertion sociale, principalement via le transport de personnes âgées fragilisées en milieu rural. Par exemple, pour les accompagner chez le médecin ou le pharmacien, pour faire leurs courses, pour rendre visite à une connaissance, etc. L’organisation assure également la formation des conducteurs aux besoins spécifiques du groupe cible et à la communication adaptée avec des personnes avec une démence ou qui présentent d’autres limitations cognitives.

« J’étais toujours dépendant de quelqu’un pour faire mes courses. Ce n’est pas toujours facile, je n’aime pas trop demander de l’aide autour de moi pour ce genre de choses. Depuis que j’utilise ce service, je me sens plus libre. »

, explique un utilisateur de la Locomobile.

Les véhicules de la Locomobile circulent dans 19 communes de la province de Luxembourg : Bastogne, Bertogne, Bertrix, Bouillon, Erezée, Etalle, Fauvillers, Florenville, Habay, Herbeumont, Hotton, Libin, Marche-en-Famenne, Musson, Neufchâteau, Rouvroy, Saint-Hubert, Tintigny et Virton.

Collaboration et coordination

Le taxi social découle de la nécessité d’intégration des services de soins ; d’une plus grande collaboration et coordination entre les soins médicaux et non médicaux, entre les soins formels et informels. Dans cette catégorie, les initiatives émanent principalement des prestataires du secteur des soins formels. Plus des soins à domicile que des soins médicaux, à l’exception de la Croix Jaune et Blanche flamande.

Cela montre plutôt que ce domaine est aujourd’hui moins lié à l’action de quartier.